
Du
Comité inter-épiscopal à l'Assemblée
des évêques
C'est en 1967 qu'avait été créé
un Comité inter-épiscopal permanent réunissant
les évêques orthodoxes de France sous la
présidence du Métropolite MELETIOS, exarque
du patriarche oecuménique, aujourd'hui décédé.
Formé à l'origine pour permettre aux juridictions
canoniques d'adopter des positions communes dans les
relations cuméniques, le Comité
inter-épiscopal était devenu par la suite
une instance réelle de concertation et de coordination,
dont l'expérience, comme devait le souligner
de nombreux responsables d'Eglises et théologiens
orthodoxes, a représenté une référence
non négligeable dans le long processus d'organisation
de la diaspora orthodoxe.
Le
processus pré-conciliaire
Lors de sa dernière session plénière
consacrée à l'organisation canonique de
cette diaspora, en novembre 1993 à Chambésy,
près de Genève, la commission inter-orthodoxe
pré-conciliaire préparatoire avait adopté
à l'unanimité le principe, à titre
provisoire, (en attendant une décision du futur
concile pan-orthodoxe), la création" d'assemblées
épiscopales " dans les pays de la diaspora.
Cette commission est composée des délégués
des quinze Eglises orthodoxes locales dont le statut
canonique est actuellement reconnu par l'ensemble de
l'Orthodoxie. La préparation d'un règlement
de fonctionnement de ces assemblées valable pour
la période transitoire a été aussi
mis à l'étude. (Voir le S.O.P. n°183).
Un projet de statut avait été ensuite
élaboré pour la France par le Comité
inter-épiscopal. Ce texte, présenté
lors d'une réunion de travail du secrétariat
de la commission préparatoire, en avril 1995,
avait été de l'avis général
" bien perçu " et avait été
reconnu comme modèle avec la possibilité
d'adaptations ultérieures en fonction des besoins
de chaque région.
Aujourd'hui
: l'Assemblée des évêques orthodoxes
en France
Allant dans le sens de ces recommandations, le Comité
inter-orthodoxe en France s'est transformé en
Assemblée des évêques, en février
1997, sous la présidence du métropolite
EMMANUEL, Exarque du patriarcat cuménique
pour la France.
Une déclaration signée à cette
occasion, par les évêques membres de cette
assemblée précise que la nouvelle instance
a pour objectif de " manifester l'unité
de l'Eglise Orthodoxe en France et de maintenir et développer
les intérêts des communautés relevant
de l'autorité des diocèses canoniques
de ce pays. "
Les
membres de cette Assemblée
L'Assemblée des évêques orthodoxes
en France est composée du Métropolite
EMMANUEL, Exarque du diocèse du Patriarcat cuménique
en France, de l'Archevêque GABRIEL et l'Evêque
MICHEL, chargés des paroisses d'origine russe
en Europe occidentale (France, Italie, Belgique, Pays
Bas, Allemagne, Suède et Norvège), tous
les trois dépendants du Patriarcat cuménique
de Constantinople ; de l'Evêque GABRIEL, vicaire
du patriarcat d'Antioche en Europe occidentale ; de
l'Evêque INNOCENT (Vassiliev), du diocèse
du patriarcat de Moscou en France, Suisse et Italie
; de l'Archevêque JOSEPH (Pop) et SILOANE (Span)
de l'Archevêché Roumain d'Europe occidentale
et enfin de l'Evêque LUKAS du diocèse du
patriarcat Serbe en Europe occidentale.
Cinq commissions de travail composées d'experts
clercs et laïcs ont été créées
par cette Assemblée :
- La commission théologique a été
confiée au Père Boris BOBRINSKOY, doyen
de l'Institut de théologie Saint Serge et recteur
de la paroisse de la Sainte Trinité à
Paris.
- La commission pour le dialogue inter-confessionnel
a été placée sous la responsabilité
du Père Michel EVDOKIMOV, prêtre de la
paroisse Saint Pierre et Saint Paul à Châtenay-Malabry
(responsable à l'cuménisme).
- La commission Médias a été proposé
à Carol SABA, laïc orthodoxe d'origine libanaise.
- La commission liturgique a été confiée
à Nicolas LOSSKY, fils du théologien russe
Vladimir LOSSKY, professeur d'histoire de l'Eglise occidentale
à l'Institut Saint Serge. Il est depuis 1974,
membre de la commission Foi et Constitution, organisme
du conseil cuménique des Eglises (C.O.E.).
L'importance
de cette Assemblée
Le fait le plus remarquable et significatif pour l'avenir
de l'Eglise orthodoxe en France est cette transformation
du Comité inter-épiscopal en une Assemblée
épiscopale. Ce changement traduit une évolution
vers un statut pleinement collégial, conforme
à l'ecclésiologie orthodoxe et répondant
aux axes tracés par le processus pré-conciliaire
pan-orthodoxe décrit plus haut. Sans abolir les
liens avec les Eglises-Mères, ni la diversité
linguistique et culturelle des différentes communautés,
il s'agit bien en effet, de continuer à progresser
dans la manifestation de l'Unité de la Foi et
de la pastorale sur un même territoire, en faisant
fructifier ensemble l'apport des différentes
traditions.
Cette Assemblée est, selon les termes même
de Monseigneur JEREMIE, " un instrument provisoire
" - mais qui représente une référence
non négligeable dans le long processus d'organisation
de la diaspora. La création des différentes
commissions avec la nomination de ses présidents
respectifs est un signe d'ouverture de cette Assemblée.
Elles auront un rôle essentiel à jouer
en attendant la convocation d'une future assemblée
clérico-laïque inter-iuridictionnelle qui
permettra à l'ensemble des paroisses et communautés
de se sentir impliquer dans cette naissance d'une Eglise
locale fondée sur le territoire et non plus sur
l'appartenance ethnique.
Les
orthodoxes en France aujourd'hui
La France compterait aujourd'hui de 150 000 à
200 000 baptisés orthodoxes, toutes juridictions
confondues, estimation qui reste approximative du fait
qu'il n'existe aucune statistique en la matière.
Pour l'essentiel l'apparition des orthodoxes en Europe
occidentale date du début du siècle, avec
l'arrivée massive des immigrés chassés
de leur pays, par la révolution d'octobre pour
les Russes, par les bouleversements politiques survenus
en Asie Mineure pour les Grecs. Au cours du siècle,
d'autres vagues d'immigrés viendront les rejoindre
pour des raisons diverses: économiques et politiques
pour les Serbes et les Roumains, politiques pour les
Antiochiens,
arrivés à la suite de la guerre civile
du Liban dans les années 70. En ce qui concerne
les Russes et les Grecs principalement, nous en sommes
à la troisième génération,
voire la quatrième, devenues françaises
à part entière.
Ce sont enfin des Français de souche, chrétiens
entrés dans la communion de l'Eglise orthodoxe,
ou bien athées ou indifférents qui se
convertissent au Christ dans cette Eglise.
La France compterait environ cent paroisses et une douzaine
de monastères répartis entre différents
diocèses qui restent encore basés sur
des critères ethniques, liés aux différentes
immigrations. Pour des raisons tant historiques que
sociologiques, elles sont implantées surtout
dans le midi de la France.
Les deux plus importants diocèses orthodoxes
en France sur le plan numérique sont la métropole
grecque de France et l'archevêché des paroisses
d'origine russe en Europe Occidentale, dont les sièges
sont à Paris. Ils sont tous deux rattachés
au Patriarcat cuménique.
Si un grand nombre de paroisses utilisent dans la liturgie
la langue de leurs Eglises-Mères grec, slavon
(pour les Russes et les Bulgares), roumain, serbe, géorgien,
ukrainien, arabe, le français s'introduit de
plus en plus, tout naturellement, qu'il s'agisse de
la prédication, des lectures bibliques, voire
de certaines parties de la célébration,
et un nombre de plus en plus important de communautés
utilisent maintenant entièrement la langue française.
Le
rayonnement de l'Eglise orthodoxe en France
La présence orthodoxe est aujourd'hui pleinement
reconnue dans notre pays.
- L'Institut de théologie orthodoxe Saint Serge,
où l'enseignement est dispensé totalement
en français prépare les étudiants
de plusieurs nationalités, à la licence,
la maîtrise et au doctorat et où les cours
par correspondance rassemblent plus de deux cents personnes,
qui participent de manière essentielle au rayonnement
de l'orthodoxie en France.
- Dans notre pays, malgré le nombre assez restreint
de ses fidèles, l'Eglise orthodoxe est présente
dans tous les secteurs de la communication : presse,
radio, télévision, Minitel, Internet.
La plupart de ces services, qui sont placés sous
les auspices de l'Assemblée des évêques
orthodoxes de France, sont assurés à titre
bénévole et avec des moyens très
modestes, bien que leur impact dépasse largement
les limites de notre pays. En effet les revues orthodoxes
sont très appréciées dans les Eglises
d'Europe de l'Est et du Moyen-Orient.
Parmi les principaux périodiques orthodoxes qui
connaissent une parution régulière, il
faut mentionner le Service orthodoxe de presse
(S.O.P.) et la collection des Suppléments au
S.O.P. qui donnent chaque mois une information sur la
vie de l'Eglise orthodoxe en France et dans le monde
ainsi que des textes de réflexion.
Depuis 1996 une version électronique du S.O.P.
est également disponible sur le Web (http://www.orthodxpress.com).
Existent également Contacts,
revue de théologie et de spiritualité
fondée en 1949 qui est devenue depuis un service
de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale,
le Messager Orthodoxe, fondé
en 1958 et publié par l'Action chrétienne
des étudiants russes-mouvement de la jeunesse
orthodoxe (ACER-MJO), la revue Paix
éditée par le monastère Saint Nicolas
de la Dalmerie (Hérault), Le Bulletin
orthodoxe de l'Ouest, Orthodoxes à
Marseille, le Bulletin de la crypte,
le Feuillet Saint Jean Cassien, orientés
sur la spiritualité et la vie liturgique, et
depuis peu le monastère de la Dormition à
La Faurie édite une revue " Discernement,
Διάκρισις
".
- L'implantation sur le sol français d'une douzaine
de monastères relevant des différents
diocèses, installés pour la plupart depuis
ces deux dernières décennies, contribue
à une redécouverte du monachisme orthodoxe
et permet à de nombreux fidèles d'y trouver
lui ressourcement bienfaiteur.
La
Fraternité Orthodoxe en Europe Occidentale
A partir de 1958, des prêtres et des laïcs
d'origines ethniques et de juridictions différentes
se réunissent autour de la revue Contacts pour
un témoignage commun de l'orthodoxie.
La Fraternité prend alors naissance, ses membres
se sentant soudés par le sentiment d'une commune
et double responsabilité à l'égard
de l'Eglise orthodoxe universelle comme de l'occident
où celle ci se trouvait à nouveau, (sans
doute providentiellement) implantée. Elle se
donne pour but de rassembler des personnes souhaitant
uvrer ensemble pour assurer le témoignage
présent et futur de l'Eglise orthodoxe là
où elles vivent.
En effet, la Fraternité orthodoxe se propose,
par l'approfondissement de la vie eucharistique et par
la redécouverte du patrimoine de l'Orthodoxie,
de susciter la rencontre des orthodoxes entre eux dans
un esprit de respect mutuel, de compréhension
et d'amitié, convaincue que l'échange
des cultures et des expériences apportent un
enrichissement réciproque.
Pour permettre de telles rencontres et pour manifester
l'Unité de l'Eglise, la Fraternité favorise
au niveau régional, comme au niveau européen
des congrès tels ceux d'Annecy (1971), de Dijon
(1974), d'Amiens (1977), d'Avignon (1980), de Gand (1983),
de Strasbourg 1987), d'Amiens (1990), de Blankenberge
(1993), de Saint Laurent sur Sèvre en Vendée
(1996), et enfin celui de Paray-le-Monial en 1999. Le
secrétariat actuel prépare activement
le 11ème congrès.
Un
instrument provisoire de service.
Les membres de la Fraternité se fixent pour tâche
de se mettre au service de toute personne et de toute
communauté qui le désirent, pour les aider
à assurer la vie liturgique, la catéchèse,
les activités de la jeunesse, la formation théologique
des adultes.
Elle dispose d'une sonothèque qui diffuse des
conférences, des émissions de radio et
des cours de théologie. Elle met également
un service traduction de textes liturgiques à
la disposition des paroisses francophones, naissantes.
En collaboration avec l'Abbaye cistercienne de Bellefontaine,
elle édite la collection " Spiritualité
Orientale ".
Une équipe de catéchètes produit
régulièrement des ouvrages de catéchèse
tel " Dieu est vivant ", édité
aux éditions du Cerf en 1979 et réédité
en 1991. Une dizaine d'autres titres sont parus depuis.
Le S.O.P. et la collection des suppléments sont
aussi issus de la Fraternité. Enfin la revue
Contacts reste en relations étroites avec elle.
La Fraternité s'est toujours considérée
(ainsi que le précise ses statuts), comme "
un instrument provisoire de service " gui "
ne peut que proposer, suggérer, relier, rendre
possible ".En ses formes institutionnelles, elle
est sans doute appelée à s'effacer lorsque
les problèmes de la dispersion orthodoxe en Europe
occidentale auront trouvé une solution pleinement
ecclésiale. C'est pourquoi ses membres servent
de leur mieux la vie des diocèses et des paroisses
où ils sont engagés et s'efforcent simultanément
de remédier aux inconvénients qu'entraîne
la multiplicité d'obédiences non coordonnées
sur le même territoire. Ils sont donc au service
de leurs évêques respectifs dont ils sollicitent
critiques, conseils et impulsions. Monseigneur EMMANUEL,
président de l'Assemblée des évêques
orthodoxes en France, préside désormais
les grands congrès et l'ensemble des évêques
est respectueusement invité à l'Assemblée
générale et aux réunions du Conseil.
N'étant en définitive, ni un " mouvement
" ni une " fédération "
mais un lieu de rencontres et de réflexions,
la Fraternité s'est dotée de structures
souples : - Les services de la Fraternité présentés
ci dessus. - L'Assemblée annuelle. - Le Conseil
de la Fraternité. - Le Secrétariat. Il
est l'exécutif de la Fraternité.

