
1.-
Le Patriarcat de Constantinople
L'Eglise
a été fondée en l'an 31 par l'Apôtre
André.
En
324, ce Patriarcat reçoit le titre de "Nouvelle
Rome" lorsque l'empereur Constantin le Grand quitte
Rome pour s'installer à Constantinople.
Constantinople
prend toute son importance sous l'empereur Théodore
qui en fait la véritable capitale de l'Empire
Byzantin.
Le
troisième canon du deuxième concile oecuménique
(381) élève le trône de Constantinople
au second rang après Rome et soumet l'Asie, le
Pont, la Thrace et les Balkans sous sa juridiction.
En
518, le Patriarche de Constantinople reçoit officiellement
le titre de "Patriarche Oecuménique".
En
Occident , du 8ème au 9ème siècle,
l'évêque de Rome prend peu à peu
rang de chef politique. C'est à cette époque
que se crée l'état papal. L'Eglise romaine,
forte de ce pouvoir temporel grandissant, intervient
alors de plus en plus dans les affaires internes de
l'Eglise d'Orient (pape Nicolas), ce qui est source
de frictions.
C'est
aussi au 9ème siècle que le Patriarcat
envoie les saints Cyrille et Méthode évangéliser
les slaves (d'où l'alphabet cyrillique).
En
1054, le schisme est consommé pour des raisons
théologiques (adjonction du Filioque dans le
Credo latin) mais aussi politique : les croisades sont
la première conséquence de cette séparation
(1204 prise de Constantinople par les croisés
et destruction du Patriarcat). Pendant 57 ans, le Patriarche
déplace son siège à Nicée.
En
1453, Constantinople est prise par les Turcs. Sous Mahomet
II tous les chrétiens de l'Empire Ottoman sont
considérés comme une nation.Le Patriarche
est investi, en plus de son autorité spirituelle,
du titre d'Ethnarque, responsable de tous les chrétiens
devant la "Porte sublime".
Aujourd'hui,
malgré la laïcité (1922), le Patriarcat
vit, en Turquie, une situation relativement précaire
et ce qui reste de l'Orthodoxie, après conflits
et génocides, y est souvent menacé.
Selon
le traité de Lausanne de 1923, Ankara et Athènes
disposent d'un droit de veto lors de l'élection
des chefs de leur minorité religieuse respective.
Ainsi, l'élection du Patriarche est soumise à
l'approbation de l'état turc.
La
difficulté de compréhension vient du fait
que le successeur de l'Apôtre André n'est
pas seulement le responsable de la minorité orthodoxe
de Turquie (quatre à cinq mille descendants des
byzantins), il est avant tout le Premier Patriarche
de toute l'Orthodoxie.
Ce
rôle supranational, indiscutable pour deux cent
cinquante millions d'orthodoxes de par le monde, n'a
pas toujours été bien admis par le gouvernement
turc. Heureusement, un changement significatif a été
enregistré depuis l'élection de Monseigneur
Bartholomée 1er.
Les
choix politiques de la Turquie sont souvent contestés
par l'Europe. Pourtant la Turquie présente un
visage européen, elle occupe, en raison de sa
réalité géographique, une position
clef.
Depuis
les récents bouleversements en Europe centrale
et au Moyen-Orient, Istanbul retrouve, plus que jamais,
sa vocation de carrefour entre Orient et Occident.

2.-
Sa Sainteté le Patriarche Oecuménique
Bartholomée 1er
|
Le
Patriarche Bartholomée 1er (Dimitrios Archondonis)
est né le 29 février 1940 à Imbros, île turque
de la mer Egée. Après un diplôme à l'Institut
de Théologie de Halki en 1961; il accomplit son
service militaire dans l'armée turque (officier
de réserve). Il a d'ailleurs maintenu jusqu'à
ce jour des liens étroits avec le gouvernement.
Envoyé par le Patriarcat comme étudiant à l'université
grégorienne de Rome, il obtient un doctorat de
droit canonique et poursuit son cursus à l'Institut
Œcuménique de Bossey (Genève) puis à l'université
de Munich. De retour à Istanbul en 1968, il devient
vice-recteur de l'Institut de Halki (fermé depuis
par les autorités turques). L'année suivante il
est ordonné prêtre. Lorsque son prédécesseur le
Patriarche Dimitrios 1er accède au siège patriarcal
en 1972, il apparaît comme son plus proche collaborateur
et assume la direction de son secrétariat particulier.
En 1973, il est ordonné Métropolite de Philadelphie.
En 1974, il devient membre du Saint-Synode et
siège dans plusieurs commissions synodales. En
1990, il est élu Métropolite de Chalcédoine ce
qui le positionne comme doyen du Saint-Synode.
Le Patriarche Bartholomée est aussi membre du
Comité Central du Conseil Œcuménique des Eglises.
Il est Docteur Honoris Causa de nombreuses universités
(grecques, anglaises, russes, américaines, autrichiennes).
Monseigneur
Bartholomée est depuis longtemps la cheville ouvrière
du patriarcat. Il a accompagné, pendant près de
vingt ans, le Patriarche Dimitrios, de bienheureuse
mémoire, dans ses déplacements à l'étranger et
participé activement aux dialogues interorthodoxes
et aux échanges interconfessionnels.
Monseigneur
Bartholomée a aussi beaucoup travaillé à l'avancement
du dialogue avec Rome. Il a organisé, en 1979,
la visite du Pape Jean-Paul II au Phanar et, en
1987, celle du Patriarche Dimitrios 1er au Vatican.
|

Ainsi
son élection (le 22 octobre 1991) a suscité
une satisfaction unanime tant sa stature semblait
s'imposer. En 1992, peu après son élection,
il a invité à "Constantinople" les primats des
Eglises autocéphales orthodoxes afin de promouvoir
un témoignage commun. Depuis, il a visité quasiment
toutes les Eglises autocéphales et les communautés
de la "dispersion" (vingt et un voyages en quatre
ans).
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ŒCUMENISME
Sur
le plan des relations avec Rome, le Patriarche Bartholomée
est le digne héritier du Patriarche Athénagoras, pionnier
de l'œcuménisme. Il est fidèle à l'extrême ouverture
d'esprit dont a fait preuve son prédécesseur Dimitrios
1er et poursuit un dialogue constructif avec l'Eglise
romaine malgré les difficultés qui subsistent (la question
des uniates).
ENVIRONNEMENT
Convaincu
des enjeux liés à l'environnement, le Patriarche Bartholomée
organise en 1992 un colloque à Halki avec le soutien
du Duc d'Edimbourg qui le reçoit, en retour, en 1993
au palais de Buckingham. Monseigneur Bartholomée a fixé
le 1er septembre comme journée pan-orthodoxe de prière
en vue de la protection de la création. En septembre
1995, il convie les principaux décideurs de notre temps
à une réflexion sur l'avenir de notre écosystème à la
lumière du 1900ème anniversaire de l'Ecriture de l'Apocalypse.
VOYAGES
OFFICIELS
Ses
voyages officiels à l'étranger ont commencé en 1992.
Dès 1993, Monseigneur Bartholomée est invité à Bruxelles
par Jacques Delors au Conseil de l'Europe. Il y aborde
notamment les conséquences de la chute du communisme
dans les pays de l'Est. En 1994, il est reçu au Parlement
européen de Strasbourg. Sa visite ne passe pas inaperçue
dans les médias qui, par-delà le factuel, saisissent
l'importance de son intervention sur les enjeux de notre
temps.
HOMME
DE COMMUNICATION
Monseigneur
Bartholomée manie avec aisance la langue française (parmi
sept autres langues). Sa vivacité d'esprit, sa jeunesse,
son charisme de père spirituel, son extrême connaissance
des enjeux de ce siècle, en font un interlocuteur exceptionnel.
ADRESSE
DU PATRIARCAT ŒCUMENIQUE :
Rum
Patrikanési 34220 Fener Haliç Istanbul Turquie Tél :
+90-212-531.96.70-6 Fax : +90-212-534.90.37

